« Précis, mesurable, produisant un impact réel » : ce que ces trois mots interdisent d'écrire, et cinq phrases qui y répondent.
Si vous répondez à un marché public pour une prestation numérique — conception, développement, refonte, TMA, conseil — la clause environnementale n'est plus un bonus de mémoire technique. Elle est attendue, et elle est notée.
Ce que font les acheteurs. 41 % des avis d’appel à la concurrence du BOAMP portaient la mention « critères environnementaux » avant l’échéance d’août 2026, 55 % depuis. Le relevé, par métier et par département. Vous êtes candidat : assembler le volet environnemental de votre mémoire.
Depuis le 21 août 2026, l'article 35 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 est pleinement applicable aux marchés publics et aux concessions. Trois conséquences pour un candidat :
Le point qui décide de votre note : un engagement générique est explicitement insuffisant. Il doit être précis, mesurable, et produire un impact réel.
La phrase la plus fréquente dans un mémoire technique est une variante de « nous privilégions un hébergement à faible empreinte carbone ». Elle a deux défauts, et le second est le plus coûteux.
Elle n'est pas mesurable : rien n'y est chiffré, rien n'y est vérifiable à la livraison, personne n'y est nommé. Un acheteur qui doit noter un critère environnemental ne peut pas l'opposer à une autre offre.
Surtout, elle porte sur le levier le plus faible. D'après l'étude ADEME-Arcep sur l'empreinte environnementale du numérique en France, les terminaux représentaient entre 64 % et 92 % de l'empreinte selon l'indicateur retenu dans l'édition de janvier 2022 (communiqué de l'Arcep, 19 janvier 2022), en particulier leur fabrication. L'actualisation publiée en janvier 2025, qui compte les centres de données situés à l'étranger, ramène leur part à 50 % de l'empreinte carbone, contre 46 % pour les centres de données (Next, 17 janvier 2025). L'hébergement est le cinquième levier sur six, pas le premier. Un engagement centré sur l'hébergement est facile à écrire, facile à tenir, et presque sans effet — ce qui est précisément ce que la formule « produisant un impact réel » cherche à écarter.
Les cinq engagements qui suivent sont classés du plus puissant au moins puissant. Chacun donne une formulation à adapter, la manière dont elle se vérifie — parce qu'un engagement que personne ne peut vérifier n'est pas mesurable — et le piège dans lequel il tombe si on le recopie sans réfléchir.
La fonctionnalité qu'on n'implémente pas est la seule dont l'impact est nul. Tout le reste est une réduction à la marge. C'est le seul engagement de cette liste qui agit en amont, et c'est aussi le seul qu'un concurrent ne peut pas recopier sans changer sa manière de travailler.
Le titulaire tient un registre d'arbitrage des fonctionnalités : chaque fonctionnalité écartée, reportée ou supprimée en cours de marché y est consignée avec son motif, son volume d'usage constaté et son critère de suppression. Le registre est remis au pouvoir adjudicateur à chaque jalon de livraison, et au plus tard à la recette finale.
Le levier n° 2, et le contre-intuitif : puisque la fabrication des terminaux pèse l'essentiel, le service qui ne pousse pas ses utilisateurs à changer d'appareil fait davantage que n'importe quelle optimisation d'infrastructure.
Le service livré reste utilisable sur un terminal de référence de [N] ans — modèle [à nommer] — défini au démarrage et documenté dans le dossier de conception. La conformité à ce profil est vérifiée sur un appareil physique de ce modèle à chaque jalon de recette, et consignée au procès-verbal.
Le seul engagement de la liste qui se mesure avec un outil public, en une minute, par n'importe qui — y compris par l'acheteur, après la livraison.
Le poids de l'écran principal du service n'excède pas [N] kilo-octets transférés et [n] requêtes réseau, mesurés sur un profil réseau et un profil matériel définis au démarrage. La mesure est reproductible, consignée à chaque livraison, et le dépassement fait l'objet d'un plan de retour sous [N] jours.
C'est la réponse au mot « mesurable » quand la prestation n'est pas un écran : conseil, cadrage, TMA, accompagnement. Un état noté, à deux dates, avec une progression engagée.
L'état d'écoconception du service est évalué sur une grille de 20 critères répartis en cinq familles pondérées — sobriété fonctionnelle, terminaux et durée de vie, données et médias, parcours, architecture et gouvernance. L'évaluation est conduite par deux évaluateurs indépendants, un profil produit et un profil technique. Le score initial est établi à [date] et le titulaire s'engage sur une progression de [x] à [y] points à [date].
Le référentiel général de l'écoconception des services numériques — RGESN, version 2 du 17 mai 2024, Arcep et Arcom en lien avec l'ADEME — pose la publication d'une déclaration d'écoconception comme prérequis pour se prévaloir de son application. C'est le seul engagement de la liste dont la preuve est une adresse web.
Une déclaration d'écoconception établie selon le RGESN est publiée sur le service à la mise en production, à une adresse communiquée au pouvoir adjudicateur, et mise à jour à chaque évolution majeure.
Kit à 29 € : prix net, TVA non applicable, article 293 B du CGI. Conditions de vente. Kit rédigé avec un agent d’IA.
Générer un critère environnemental et son barème de notation pour une consultation numérique