Perennova · ressource libre · septembre 2026

Engagement environnemental dans une réponse à marché public : cinq formulations mesurables pour une prestation numérique

« Précis, mesurable, produisant un impact réel » : ce que ces trois mots interdisent d'écrire, et cinq phrases qui y répondent.

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Le fait daté, et sa limite

Si vous répondez à un marché public pour une prestation numérique — conception, développement, refonte, TMA, conseil — la clause environnementale n'est plus un bonus de mémoire technique. Elle est attendue, et elle est notée.

Ce que font les acheteurs. 41 % des avis d’appel à la concurrence du BOAMP portaient la mention « critères environnementaux » avant l’échéance d’août 2026, 55 % depuis. Le relevé, par métier et par département. Vous êtes candidat : assembler le volet environnemental de votre mémoire.

Depuis le 21 août 2026, l'article 35 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 est pleinement applicable aux marchés publics et aux concessions. Trois conséquences pour un candidat :

  • Au moins un critère environnemental doit être retenu à l'attribution — le prix seul n'est plus un mode d'attribution recevable (article R. 2152-7 du code de la commande publique, dans sa rédaction révisée).
  • Les conditions d'exécution doivent prendre en compte des considérations environnementales (articles L. 2112-2 pour les marchés, L. 3114-2 pour les concessions).
  • Le champ est large : les prestations intellectuelles et les services sont concernés, la seule exception notable portant sur certains marchés de défense et de sécurité.

Le point qui décide de votre note : un engagement générique est explicitement insuffisant. Il doit être précis, mesurable, et produire un impact réel.

Trois réserves, écrites avant le reste Je ne suis pas juriste : ce qui suit est une aide à la rédaction, pas un avis juridique. Le dossier de consultation fait loi — ses critères, sa grille de notation et ses pièces l'emportent sur toute formulation générique, y compris celles d'ici. Et aucune phrase, sur cette page ou ailleurs, ne garantit la conformité d'une offre ni son attribution. Références citées en clair pour que vous les vérifiiez à la source : code de la commande publique, articles R. 2152-7, L. 2112-2 et L. 3114-2 ; loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, article 35.
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Pourquoi les engagements numériques ratent, presque toujours au même endroit

La phrase la plus fréquente dans un mémoire technique est une variante de « nous privilégions un hébergement à faible empreinte carbone ». Elle a deux défauts, et le second est le plus coûteux.

Elle n'est pas mesurable : rien n'y est chiffré, rien n'y est vérifiable à la livraison, personne n'y est nommé. Un acheteur qui doit noter un critère environnemental ne peut pas l'opposer à une autre offre.

Surtout, elle porte sur le levier le plus faible. D'après l'étude ADEME-Arcep sur l'empreinte environnementale du numérique en France, les terminaux représentaient entre 64 % et 92 % de l'empreinte selon l'indicateur retenu dans l'édition de janvier 2022 (communiqué de l'Arcep, 19 janvier 2022), en particulier leur fabrication. L'actualisation publiée en janvier 2025, qui compte les centres de données situés à l'étranger, ramène leur part à 50 % de l'empreinte carbone, contre 46 % pour les centres de données (Next, 17 janvier 2025). L'hébergement est le cinquième levier sur six, pas le premier. Un engagement centré sur l'hébergement est facile à écrire, facile à tenir, et presque sans effet — ce qui est précisément ce que la formule « produisant un impact réel » cherche à écarter.

Le piège n° 1, et il est structurel Mesurer ce qui est facile plutôt que ce qui compte. Les émissions de l'hébergement s'obtiennent en un courriel au prestataire ; l'impact terminal est difficile à obtenir et pèse l'essentiel. Une offre centrée sur l'hébergement signale une démarche superficielle à un acheteur qui connaît le sujet — et depuis août 2026, il va le connaître.

Les cinq engagements qui suivent sont classés du plus puissant au moins puissant. Chacun donne une formulation à adapter, la manière dont elle se vérifie — parce qu'un engagement que personne ne peut vérifier n'est pas mesurable — et le piège dans lequel il tombe si on le recopie sans réfléchir.

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Les cinq engagements

01 · le plus fort

Le registre des fonctionnalités écartées

La fonctionnalité qu'on n'implémente pas est la seule dont l'impact est nul. Tout le reste est une réduction à la marge. C'est le seul engagement de cette liste qui agit en amont, et c'est aussi le seul qu'un concurrent ne peut pas recopier sans changer sa manière de travailler.

Le titulaire tient un registre d'arbitrage des fonctionnalités : chaque fonctionnalité écartée, reportée ou supprimée en cours de marché y est consignée avec son motif, son volume d'usage constaté et son critère de suppression. Le registre est remis au pouvoir adjudicateur à chaque jalon de livraison, et au plus tard à la recette finale.

Comment ça se vérifie : le registre est lui-même un livrable contractuel, daté et remis. Il est opposable, ce qui est exactement ce qu'un critère d'attribution demande.

Le piège : c'est un engagement de méthode, et une méthode n'est mesurable que si elle produit un document daté. Écrire « nous pratiquons la sobriété fonctionnelle » sans livrable, c'est retomber dans le générique. Inscrivez le registre dans la liste des livrables, pas dans la prose.

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Le profil matériel minimum supporté

Le levier n° 2, et le contre-intuitif : puisque la fabrication des terminaux pèse l'essentiel, le service qui ne pousse pas ses utilisateurs à changer d'appareil fait davantage que n'importe quelle optimisation d'infrastructure.

Le service livré reste utilisable sur un terminal de référence de [N] ans — modèle [à nommer] — défini au démarrage et documenté dans le dossier de conception. La conformité à ce profil est vérifiée sur un appareil physique de ce modèle à chaque jalon de recette, et consignée au procès-verbal.

Comment ça se vérifie : un procès-verbal de recette passé sur un appareil réel, pas sur un émulateur. C'est vérifiable par l'acheteur en séance, ce qui est rare et fait la différence.

Le piège : écrire « compatible avec tous les terminaux ». C'est invérifiable, donc générique, donc nul au sens du critère. Un modèle nommé et une date valent mieux qu'une promesse universelle.

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Le budget de poids plafonné

Le seul engagement de la liste qui se mesure avec un outil public, en une minute, par n'importe qui — y compris par l'acheteur, après la livraison.

Le poids de l'écran principal du service n'excède pas [N] kilo-octets transférés et [n] requêtes réseau, mesurés sur un profil réseau et un profil matériel définis au démarrage. La mesure est reproductible, consignée à chaque livraison, et le dépassement fait l'objet d'un plan de retour sous [N] jours.

Comment ça se vérifie : une mesure refaite par l'acheteur donne le même chiffre, à condition que le profil de mesure soit écrit. Sans le profil, deux mesures ne se comparent pas.

Pour relever le chiffre : le scanner d'éco-conception mesure les octets réellement téléchargés, le nombre de requêtes et les hôtes tiers d'une page publique — de quoi fixer [N] avant la consultation, ou vérifier l'engagement après la livraison.

Le piège : convertir ce poids en grammes de CO₂ dans l'offre. Les modèles d'estimation par octet font varier tous les postes avec le volume transféré, alors que la part dominante — la fabrication des terminaux — dépend du remplacement des appareils, pas des octets. Un chiffre en grammes est contestable ; un chiffre en kilo-octets ne l'est pas.

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Le score d'écoconception et sa trajectoire

C'est la réponse au mot « mesurable » quand la prestation n'est pas un écran : conseil, cadrage, TMA, accompagnement. Un état noté, à deux dates, avec une progression engagée.

L'état d'écoconception du service est évalué sur une grille de 20 critères répartis en cinq familles pondérées — sobriété fonctionnelle, terminaux et durée de vie, données et médias, parcours, architecture et gouvernance. L'évaluation est conduite par deux évaluateurs indépendants, un profil produit et un profil technique. Le score initial est établi à [date] et le titulaire s'engage sur une progression de [x] à [y] points à [date].

Comment ça se vérifie : deux notations séparées, puis la discussion des seuls écarts de plus d'un point — ce sont eux qui portent l'information. Le score est un nombre, remis à deux dates : c'est un engagement mesurable au sens strict.

Le piège : viser le maximum. Une équipe à 60 qui tient son score sur quatre trimestres fait beaucoup mieux qu'une équipe qui atteint 85 pendant un audit et redescend à 40 au trimestre suivant. Engagez-vous sur une progression tenable, pas sur un sommet.

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La déclaration d'écoconception publiée

Le référentiel général de l'écoconception des services numériques — RGESN, version 2 du 17 mai 2024, Arcep et Arcom en lien avec l'ADEME — pose la publication d'une déclaration d'écoconception comme prérequis pour se prévaloir de son application. C'est le seul engagement de la liste dont la preuve est une adresse web.

Une déclaration d'écoconception établie selon le RGESN est publiée sur le service à la mise en production, à une adresse communiquée au pouvoir adjudicateur, et mise à jour à chaque évolution majeure.

Comment ça se vérifie : l'acheteur ouvre l'adresse. Vérification la moins coûteuse de la liste, pour lui comme pour vous.

Le piège : viser le label avant la pratique. Publier une déclaration sur une démarche vide est le risque réputationnel le plus coûteux de la liste : le document est public, daté, et opposable par n'importe qui.

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Ce qu'il vaut mieux ne pas écrire

Une dernière fois, parce que c'est le vrai risque Un engagement inscrit dans une offre devient une condition d'exécution. Écrivez ce que vous pouvez tenir et vérifier, avec les moyens du marché. Un engagement fort et non tenu coûte plus cher qu'un engagement modeste et tenu.
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Pour aller plus loin, gratuitement

Kit à 29 € : prix net, TVA non applicable, article 293 B du CGI. Conditions de vente. Kit rédigé avec un agent d’IA.

Générer un critère environnemental et son barème de notation pour une consultation numérique